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Aide à la rénovation énergétique : quels changements en 2020 et 2021 ?

Le crédit d’impôt pour la transition énergétique vit ses derniers mois. À partir du 1er janvier 2020, il devrait être remplacé par une prime versée directement aux ménages les plus modestes. Pour les Français aux revenus intermédiaires, cette mesure prendra effet au 1er janvier 2021. Les foyers les plus aisés ne seront, quant à eux, plus éligibles à cette aide à la rénovation après le 31 décembre 2019. Présenté le 25 septembre en conseil des ministres, le futur dispositif semble quasiment acté. Mais pourquoi réformer une nouvelle fois le système en place ?

Simplifier un système complexe

Le secteur du bâtiment est responsable de plus de 20 % des émissions de gaz à effet de serre en France, notamment à cause du chauffage. Pour réduire la consommation d’énergie ainsi que les rejets de CO2, l’État français s’est engagé à rénover 500 000 logements par an. Il entend ainsi s’attaquer en priorité aux 7,5 millions de passoires thermiques du pays. Avec, à l’horizon 2050, l’objectif de mettre les 35 millions de logements français aux normes « bâtiment basse consommation ». À ce jour, seuls 350 000 seraient rénovés chaque année, selon Emmanuelle Wargon. « Nous pensons atteindre les 500 000, voire les dépasser en revoyant complètement la manière dont on accompagne les ménages », assure la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire.

Pour tenter d’y parvenir, le gouvernement a voulu simplifier l’actuel système de subvention. Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement, le qualifie « d’une complexité folle ». Aujourd’hui, les aides à la rénovation énergétique prennent plusieurs formes. Soit elles sont versées directement par l’ANAH (Agence nationale de l’habitat) ou par les fournisseurs d’énergie (ex. : les certificats d’économie d’énergie). Soit les propriétaires peuvent en bénéficier après-coup, sous forme de crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE). Dans un cas comme l’autre, les démarches administratives et les délais de remboursement parfois supérieurs à un an en rebutent beaucoup. Alors que va changer le nouveau système ?

Une baisse déguisée du budget pour la rénovation ?

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À partir du 1er janvier 2020, les ménages aux revenus inférieurs à 18 960 euros par an et par personne pourront bénéficier d’une prime versée directement avant travaux. Son montant est défini selon un barème précis, en fonction des types d’aménagement réalisés. Ce nouveau système évitera ainsi aux bénéficiaires d’avancer des frais souvent conséquents. Les propriétaires devront pour cela déposer un dossier comprenant divers justificatifs et devis en agence ou en ligne (www.faire.fr). Un numéro de téléphone spécial (0808 800 700) sera également mis en place pour les accompagner dans leurs démarches. Les foyers aux revenus intermédiaires (entre 18 960 et 27 650 euros par personne) devront, quant à eux, attendre le 1er janvier 2021 pour en bénéficier. Et pour les Français les plus aisés ?

D’après le futur dispositif, les 20 % des ménages aux plus hauts revenus (plus de 27 650 euros par personne) ne seront plus éligibles au CITE en 2020. Or, ils représenteraient 40 % des bénéficiaires, selon Marjolaine Meynier-Millefert, chargée du plan de rénovation énergétique des bâtiments. La député LREM de l’Isère pense qu’il faudrait conserver cette incitation. Les professionnels du bâtiment dénoncent, eux, une baisse déguisée du budget gouvernemental pour la rénovation énergétique. En 2019, le CITE a déjà fondu de moitié (800 millions d’euros, contre 1,7 milliard en 2018) suite à l’exclusion de certains travaux. Selon Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, « il n’y aura pas de baisse des moyens l’an prochain ». L’aide à la rénovation énergétique mobilisera 3 milliards d’euros en 2020, affirme-t-elle. Une enveloppe qui resterait loin du compte. Il en faudrait en réalité 7 milliards, selon le think-tank Institute for Climate Economics…

À propos de l'auteur

Camille Vandendriessche est rédacteur en chef et directeur de publication sur L’Energie en Questions. Journaliste indépendant dans la presse sportive, il écrit également depuis plus de trois ans sur la thématique de l’énergie. Diplômé d’écoles de journalisme en France et aux États-Unis, il décrypte l’actualité à travers des articles d’analyse et des sujets aux angles originaux.

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