L’arrivée de Boris Johnson à la tête du gouvernement britannique, mardi 23 juillet 2019, relance une énième fois le débat sur le Brexit. Connu pour ses dérapages médiatiques et sa veste idéologique réversible, l’ex-maire de Londres (de mai 2008 à mai 2016) n’est pas le James Bond du climat. Proche des climato-sceptiques, le nouveau Prime Minister ne met pas l’urgence climatique au centre de son mandat. À sa décharge, le Brexit risque de l’accaparer, tant son pays semble englué dans cette inextricable sortie de l’Union Européenne. Alors face aux mille-et-une questions que se posent, et devront se poser, les dirigeants de l’Europe entière, quel sort sera réservé au secteur de l’énergie ?

La transition énergétique en stand-by 

« Le plus grand fiasco politique mondial depuis, au moins, un quart de siècle », commentait le journaliste économique François Lenglet à propos du Brexit dans sa chronique matinale sur RTL le 15 mars 2019. En cause, les nombreux pourparlers qui n’ont pour l’instant abouti à rien. Au centre de ces débats, l’énergie est elle aussi une source de tension. Même si le Royaume-Uni a toujours privilégié ses intérêts économiques, le pays n’en reste pas moins engagé dans la transition énergétique. Depuis les années 90 jusqu’à aujourd’hui, nos voisins d’Outre-Manche ont diminué de 38 % leurs émissions de CO2, d’après France24. Notamment grâce à l’abandon du charbon, mais aussi en réduisant leur consommation d’électricité ou encore en passant à des énergies plus vertes. Ces progrès notables sont en partie liés à l’Europe puisque 80 % des lois environnementales britanniques proviennent de Bruxelles. Mais dans ce grand chambardement politique qu’est le Brexit, la transition énergétique « made in UK » pourrait bien se heurter à un double mur : la fin des aides européennes et les nouveaux frais de douanes...

« Wait and see » face aux incertitudes ?

En matière d’énergie comme dans d’autres secteurs, le Royaume-Uni se retrouve face à ses responsabilités. Deux chantiers attendent les îles britanniques : le renouvellement du parc électrique ainsi que le développement des interconnections avec le Vieux continent. Cela inclut notamment la livraison par EDF du futur réacteur nucléaire de type EPR à Hinkley Point, prévue en 2025. Mais aussi l’approvisionnement en batteries au lithium ou en transformateurs électriques qui, jusqu’à présent, n’était pas taxé.

Le financement des nombreux projets britanniques en matière d’énergie revêt un gros point d’interrogation. Pour la rénovation de son parc électrique, le Royaume-Uni aurait besoin de 14 à 19 milliards de livres (15 à 21 milliards d’euros), d’après Le Monde de l’Energie. Mais rares sont ceux qui seraient prêts à investir dans un tel contexte, selon les experts. Le dernier en date reste la BEI (Banque européenne d’investissement), qui a injecté plus de 3 milliards d’euros dans le secteur de l’énergie britannique en 2014. D’aucuns redoutent que l’attente de financement fera augmenter les prix de l’électricité et fragilisera la sécurité énergétique britannique. 

Cette dernière est en partie assurée grâce aux interconnexions entre pays européens, notamment avec la France et les Pays-Bas. D’après Selectra, des projets sont à l’étude pour tripler les capacités de livraison des interconnexions d’ici 2024. Mais des statuts internationaux complexes, combinés à une incertitude réglementaire en raison du Brexit, gèlent pour l’instant ces projets. Cette attente prolongée et la peur d’un « No Deal », qui modifierait complètement le fonctionnement interne en Europe, bloquent donc pour le moment toute avancée énergétique au Royaume-Uni.

À propos de l'auteur

Journaliste en formation, Etienne Cholez s'intéresse de près aux innovations créées pour trouver des solutions aux enjeux énergétiques et climatiques de demain. Il n'en oublie pas pour autant sa passion pour le sport. C'est en tant que rédacteur web qu'Etienne Cholez essayera d'apporter des réponses concrètes à toutes vos questions.

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