Débats publics

Climat, écologie, énergie : pourquoi tous ces débats citoyens ?

Du 4 au 6 octobre, 150 citoyens français se réunissent pour la première fois pour réfléchir à la question climatique en France. Cette initiative du gouvernement fait suite à plusieurs précédents débats publics sur la transition énergétique : PPE, changement d’heure, PNGMDR… La thématique énergie-climat constituait également l’un des principaux volets du Grand débat national en 2019. Pourquoi l’avis des Français est-il autant sollicité sur ces questions ?

Consultation citoyenne sur le climat : entre enthousiasme et scepticisme

Pendant six week-ends de trois jours, 150 personnes représentatives de la population française plancheront ensemble autour de l’écologie, du climat et de la transition énergétique. D’ici début 2020, ces citoyens doivent proposer une série de mesures concrètes pour permettre à la France de réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre en 2030. Cette initiative s’inscrit sur le même modèle que le Grand débat national, organisé du 15 janvier au 15 mars 2019. Elle suscite autant d’enthousiasme que de scepticisme dans le paysage médiatique français.

Garant de son bon déroulement, le réalisateur et militant écologiste Cyril Dion y croit (forcément) beaucoup. Il en attend des « suggestions qui soient potentiellement acceptables par tout le monde avant de les soumettre au référendum », confie-t-il dans Géo. Même écho du côté du navigateur François Gabart, qui estime sur Europe 1 qu’il faut « changer de mode de vie si on veut sortir de cette crise ». À l’inverse, d’autres considèrent cette consultation comme inutile. « Si nous voulons agir, nous savons déjà ce que nous devons faire au niveau citoyen, de la collectivité et de l’État », déclare ainsi Allain Bougrain-Dubourg. Le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qualifie même l’exercice de « démagogie démocratique surréaliste »…

Une manière de mettre les Français face à leurs contradictions ?

Comme lui, plus d’un Français sur deux (55 %) bouderait cette initiative, selon un récent sondage Elabe. Mais cette tendance s’inverse chez les jeunes. 64 % des 18-24 ans et 57 % des 25-34 ans trouveraient la consultation utile. Parmi les électeurs d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle, ils y seraient même favorables à 78 %. Cette frange de la population, notamment la jeunesse, exprime sa soif d’agir sur l’avenir et de s’engager pour l’écologie. Le président français semble vouloir répondre à cette attente en lui donnant la parole sur les questions climatique et énergétique. Est-ce pour cela que le gouvernement multiplie les débats, consultations et autres concertations citoyennes depuis deux ans ?

En 2018, les Français ont pu donner leur avis sur le changement d’heure et la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Cette année, ils ont également pu contribuer au Grand débat national et son volet énergétique ainsi qu’au PNGMDR (Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs). Cette intelligence collective au service de la transition écologique affiche pourtant des limites, selon le sondage Elabe. 80 % des Français se considèrent certes impliqués au quotidien pour la protection de l’environnement. Mais cette préoccupation serait incompatible avec le modèle économique actuel pour 72 % d’entre eux. Un constat à l’image de la crise des Gilets jaunes, qui s’était déclarée en réaction à la hausse programmée de la taxe carbone sur les carburants. Donner aux citoyens Français la possibilité de proposer des solutions, c’est aussi les mettre face à leurs contradictions…

À propos de l'auteur

Camille Vandendriessche est rédacteur en chef et directeur de publication sur L’Energie en Questions. Journaliste indépendant dans la presse sportive, il écrit également depuis plus de trois ans sur la thématique de l’énergie. Diplômé d’écoles de journalisme en France et aux États-Unis, il décrypte l’actualité à travers des articles d’analyse et des sujets aux angles originaux.

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