Fact checking

Climat : le réchauffement de la planète rend-il nos hivers plus froids ?

Alors qu’une partie de la France est envahie par le froid et la neige, les relevés de Météo France ont livré leur verdict : avec une température moyenne de 13,9°C, 2018 a été l’année la plus chaude de l’histoire en France métropolitaine depuis le début des mesures en 1900. Et dans le monde, la température moyenne de 14,7°C relevée l’an passé a été la plus quatrième plus élevée après 2016, 2015 et 2017, selon les données du programme d’observation européen Copernicus. Si les quatre dernières années ont été les plus chaudes sur la planète depuis plus d’un siècle, l’épisode neigeux actuel vient rappeler, à plus petite échelle, les pics de froid spectaculaires enregistrés l’an dernier en France et en Europe, mais aussi dans le reste du monde. Faut-il voir là un lien de cause à effet entre ces hivers de plus en plus froids et le réchauffement climatique ?

Hiver 2018 : températures glaciales dans le monde entier

À la fin de l’hiver dernier, les températures étaient descendues jusqu’à -15°C sur le nord-est de la France, avec une moyenne de -3,2°C sur l’ensemble du territoire le 27 février 2018, d’après Météo France. Dans le reste du monde, un froid glacial s’était aussi emparé de l’Amérique du Nord à la fin du mois de décembre, avant de sévir sur l’Eurasie en janvier et février avec des températures proches de -70°C en Sibérie et de -20°C lors des Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud. Quelques mois plus tard, l’hiver austral a aussi été parmi les plus rigoureux dans l’hémisphère sud, avec des épisodes records dans certaines régions d’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Afrique du Sud et du Chili. D’après les experts du climat, l’apparition de ces pics de froids hivernaux de plus en plus extrêmes serait l’une des conséquences directes du réchauffement de la planète.

La faute au réchauffement des pôles

Ce paradoxe s’expliquerait plus précisément par la hausse exacerbée des températures au niveau des pôles. La fonte de la banquise et la remontée de chaleur induite génèreraient de hautes pressions dans l’atmosphère, sources de dérèglement des courants aériens. Toutes ces réactions en chaîne auraient pour effet de repousser l’air polaire vers des latitudes plus basses : l’Europe et l’Amérique du Nord dans l’hémisphère nord ; l’Amérique du Sud, l’Afrique australe et le sud de l’Océanie dans l’hémisphère sud. Si l’origine de ces perturbations fait quasiment l’unanimité, la communauté scientifique ne s’accorde toutefois pas sur la manière exacte dont se produisent ces épisodes froids. Dans l’hémisphère nord, ils sont ainsi mis sur le compte d’un ou plusieurs régimes météorologiques complexes : l’oscillation nord-atlantique (NAO) négative, le « blocage scandinave », la déviation du vortex polaire et/ou le ralentissement du « courant jet » (« jet stream » en anglais). Tandis que la température de la planète continue d’augmenter, faut-il donc s’attendre à des hivers de plus en plus froids ?

Vers des hivers plus rigoureux et des pics de froid extrêmes

Selon plusieurs travaux de recherche, l’Amérique du Nord et l’Europe pourraient effectivement connaître des températures hivernales plus basses et des épisodes froids de plus en plus extrêmes. Une étude publiée en octobre 2018 dans le magazine Science Advances prédit que les événements météorologiques mortels devraient augmenter de 50 % d’ici 2100. Une autre parue en avril 2018 dans la revue Nature penche également vers une plus grande instabilité des hivers, avec davantage de poussées froides en provenance de l’Arctique. En France, l’évolution des températures moyennes hivernales aurait pourtant tendance à démontrer le contraire. Les cinq derniers hivers ont tous été plus chauds que la normale malgré plusieurs pics de froid inhabituels, et trois des quatre hivers les plus chauds de l’histoire se sont produits dans les 12 dernières années, d’après les données de Météo France. Le record absolu remonte d’ailleurs à l’hiver 2015-2016, durant lequel la température moyenne (8°C) a dépassé la normale saisonnière de 2,6°C.

À propos de l'auteur

Camille Vandendriessche est rédacteur en chef et directeur de publication sur L’Energie en Questions. Journaliste indépendant dans la presse sportive, il écrit également depuis plus de trois ans sur la thématique de l’énergie. Diplômé d’écoles de journalisme en France et aux États-Unis, il décrypte l’actualité à travers des articles d’analyse et des sujets aux angles originaux.

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