Débats publicsEnergies renouvelables

L’énergie, sujet central ou instrumentalisé des élections européennes ?

À moins de trois semaines du début des élections européennes (23-26 mai 2019), la question de l’énergie apparaît au coeur des préoccupations des électeurs. D’après une étude menée par l’IPSOS dans 11 pays de l’UE, une grande majorité d’Européens (80 %) attache de l’importance à la réduction des prix du gaz et de l’électricité par le développement des énergies propres. Bon nombre d’entre eux (76 %) considèrent également comme prioritaire la création d’emplois durables dans l’isolation de logements et la production d’énergies renouvelables. Face à ces attentes, la plupart des partis a fait de la transition énergétique et/ou écologique un élément important de leur discours. Faut-il y voir un simple argument de campagne ou un réel intérêt pour les enjeux énergétiques ?

L’Europe et ses disparités énergétiques

Au sein de l’Union européenne, les 28 États-membres présentent des situations énergétiques très variables. En Suède, les énergies renouvelables comptent pour 54,5 % du mix énergétique, contre seulement 6,6 % aux Pays-Bas. En matière d’électricité, près des trois-quarts de la production nationale dépendent du charbon en Pologne et du nucléaire en France. Devant ces importantes disparités, les objectifs de transition énergétique divergent forcément selon les pays… En Europe centrale, priorité est ainsi donnée à la sortie du charbon et à la réduction des émissions de CO2. Les pays scandinaves en sont déjà, quant à eux, à dessiner les contours d’une société sans énergie fossile.

Source : Le Grand Continent

En France, la question énergétique est aussi très présente dans les débats, principalement sous le spectre de l’écologie. Mais tous les partis français ne proposent pas de véritable stratégie en la matière, loin de là… Si la transition énergétique et/ou écologique fait consensus dans la campagne européenne, rares sont les candidats sur la quinzaine de listes en lice le 26 mai à défendre un projet précis pour transformer le mix énergétique, développer les énergies renouvelables ou réduire les émissions de gaz à effet de serre. La France est pourtant régulièrement pointée du doigt dans ces deux derniers domaines, où les progrès sont minimes, voire inexistants ces dernières années.

Source : Socialter

France : grands discours, peu de propositions

Parmi la poignée de partis affichant une réelle stratégie en matière d’énergie, La France insoumise (LFI) propose une série de mesures concrètes : suppression des subventions aux énergies fossiles, sortie du charbon et du nucléaire, abandon du marché carbone ou encore création d’un institut de recherche sur la transition énergétique. EELV présente pour sa part un « Green New Deal » de 100 milliards d’euros pour financer les énergies renouvelables et l’isolation des logements, avec l’objectif d’une électricité 100 % verte d’ici 20 ans. Du côté de LREM, le parti au pouvoir propose de reformer le marché carbone européen en fixant un prix plancher à la tonne de carbone afin de garantir une transition énergétique efficace et équitable pour les entreprises. Quant aux Républicains, seule leur proposition 68 invite à refuser toute taxation intérieure supplémentaire sur les carburants ou l’énergie…

Dans la majorité des partis français, l’idée de transition énergétique et/ou écologique s’apparente donc à un argument de “greenwashing”, sans véritable application concrète. Alors que l’identité européenne bat de l’aile avec la perspective du Brexit et l’accès au pouvoir des nationalistes dans plusieurs États-membres (Italie, Hongrie et Autriche), la question de l’énergie semble reléguée au second plan derrière les problématiques économiques, sociales et environnementales. Autant de sujets pourtant étroitement liés aux politiques énergétiques…

À propos de l'auteur

Camille Vandendriessche est rédacteur en chef et directeur de publication sur L’Energie en Questions. Journaliste indépendant dans la presse sportive, il écrit également depuis plus de trois ans sur la thématique de l’énergie. Diplômé d’écoles de journalisme en France et aux États-Unis, il décrypte l’actualité à travers des articles d’analyse et des sujets aux angles originaux.

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