Energies renouvelablesÉolienFact checkingHydroélectricitéRéseaux et StockageSolaire

Électricité : les offres vertes sont-elles vraiment vertes ?

Producteurs, fournisseurs, distributeurs d’électricité conventionnelle ou verte… L’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie le 1er juillet 2007 en France a bouleversé le secteur. Entre la baisse annoncée des prix, la question de la sécurité d’approvisionnement et la promotion des énergies vertes, ce changement a progressivement entraîné de nombreuses conséquences. Dont une grande diversité des offres, qui cachent souvent des subtilités. Si bien que beaucoup de consommateurs s’y perdent. Parmi ces offres, l’électricité verte se détache des autres et devient même un produit d’appel. Si les fournisseurs en vantent les mérites, que valent vraiment ces contrats prétendument verts ?

D’où provient l’énergie verte ?

Avant de faire griller vos tartines ou d’éclairer votre visage au réveil, l’électricité parcourt un chemin digne d’un roman d’aventure. Surtout depuis l’ouverture à la concurrence il y a une douzaine d’années. Au commencement, les producteurs génèrent de l’électricité, verte ou non. En France, elle n’est majoritairement pas verte. Selon RTE, près de 72 % de l’électricité était d’origine nucléaire et environ 20 % renouvelable en 2018. Les 8 % restants proviennent de combustibles fossiles : charbon, fioul ou gaz. L’électricité produite est ensuite achetée par les fournisseurs. Certains producteurs sont aussi fournisseurs, comme EDF ou Engie. C’est avec eux que les consommateurs traitent directement. Mais c’est aussi auprès des fournisseurs que s’opère l’imbroglio autour de l’électricité verte. Car si plus de 70 % de la production nationale provient de centrales nucléaires, environ 70 % des offres prétendent dans le même temps être « vertes », d’après Le Monde. Comment expliquer ce paradoxe ?

Source : energie-info.fr

Le tour de passe-passe des fournisseurs

Vous avez souscrit à une offre verte ? Bravo, vous contribuez à sauver la planète ! Problème : tout cela n’est que théorie. Une fois dans le réseau, énergies verte et conventionnelle se mélangent. Un fournisseur ne peut pas garantir que l’énergie que vous consommez est verte ou non. Sinon, il faudrait construire un deuxième réseau, ce qui est impossible vu les coûts engendrés. En réalité, quand on souscrit à une offre verte, le fournisseur s’engage à introduire 1 kWh d’électricité verte dans le réseau pour 1 kWh d’électricité consommée. Jusqu’ici tout va bien. Le souci, parfois, c’est que l’électricité verte n’en est pas vraiment…

L’électricité est très difficile à tracer, surtout une fois injectée dans le réseau. Cependant, l’électricité verte est soumise à des certificats de garantie d’origine. C’est là le nœud du problème. Dans un classement réalisé en 2018, Greenpeace a dénoncé les pratiques de certains fournisseurs, en l’occurrence celles des leaders EDF, Engie ou Total Direct Energie. Ces derniers feraient en effet le jeu des énergies non-renouvelables. Via une tribune dans Les Echos, le président de Sun’R, Antoine Nogier explique le problème… « Une analyse lucide amène à la conclusion que ce système des garanties d’origine favorise les grands acteurs à la fois producteurs et fournisseurs d’électricité. Ils peuvent ainsi verdir leur production d’origine fossile ou nucléaire, en utilisant des certificats émis par des sites de production d’énergie renouvelable situés n’importe où en Europe. »

Des offres 100 % vertes légèrement plus chères

Grâce à ce système opaque d’achat de garanties d’origine à n’importe quel pays d’Europe, les fournisseurs peuvent proposer des offres vertes qui, en réalité, n’en sont pas. Même l’Islande est émettrice de certificats, bien que l’île ne possède pas d’interconnexions avec le continent. Dans son classement, Greenpeace n’oublie donc pas de récompenser les bons élèves tels qu’Enercoop, Ilek ou Energie d’ici. Ces nouveaux acteurs fournissent une électricité issue de sources renouvelables à 100 % (photovoltaïque, hydraulique ou éolien). Cette volonté de consommer vert se heurte toutefois à une réalité économique, qui se ressent légèrement sur la facture. « Nous assumons et nous sommes fiers de notre prix, déclare Simon Cossus, directeur d’Enercoop pour la région Languedoc-Rousillon. Il reflète une réalité industrielle et économique, et le soutien aux producteurs d’énergies renouvelables. »

Prendre le temps d’étudier chaque offre « verte » en détail se révèle donc nécessaire avant de s’engager avec un fournisseur. Fort heureusement, ce temps d’analyse est compensé par la simplicité des démarches. Depuis l’ouverture du marché, changer de fournisseur n’a jamais été aussi facile et rapide.

À propos de l'auteur

Journaliste en formation, Etienne Cholez s'intéresse de près aux innovations créées pour trouver des solutions aux enjeux énergétiques et climatiques de demain. Il n'en oublie pas pour autant sa passion pour le sport. C'est en tant que rédacteur web qu'Etienne Cholez essayera d'apporter des réponses concrètes à toutes vos questions.

Commentaires

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer