Energie nucléaire en France : peut-on réduire la voilure ?

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L’objectif français initial affiché en matière de diminution de l’énergie nucléaire ne laissait pas l’ombre d’un doute sur la volonté étatique de freiner la part du nucléaire dans les sources énergétiques totales : de 75% dans la production d’électricité à 50% en 2025.

En théorie, sortir définitivement du « tout nucléaire » (civil) en fermant d’abord les réacteurs les plus vétustes serait possible à plusieurs conditions : faire preuve d’une sobriété énergétique sans failles (en luttant contre les différents gaspillages), viser à tout prix l’efficacité énergétique (grâce aux bâtiments autonomes) et miser sur les ressources alternatives à fort potentiel que sont les énergies renouvelables (éolien, solaire, géothermie…).

Des mesures réalistes ?

Mais ces mesures dont s’emparent les lobbys anti-atome seront-elles réalistes et tenables pour assurer notamment un niveau de production en phase avec les besoins en électricité de l’hexagone ?

– La première nuance à apporter est que cette situation vertueuse ne sera atteinte qu’après une période de transition longue, avec des retombées non immédiates, voire même des effets de bord.

En effet, 4 centrales à charbon seraient maintenues et 20 nouvelles centrales à gaz construites pour compenser momentanément ce ralentissement de la production. Le coût associé (incluant le démantèlement et les nouvelles installations) serait aussi considérable.

Les avantages du nucléaire

– Le deuxième point qui découle du premier est que cet abandon progressif reviendrait à renier les engagements pris dans le cadre de la réduction de l’émission des gaz à effet de serre.

En effet, l’atout majeur du nucléaire est qu’il ne dégrade pas notre notation en termes d’émission de CO2…

– Enfin, ce qui ne va plus dans le sens d’une diminution radicale et à court-terme du nucléaire est le report officiel par le gouvernement de l’échéance à 2030-2035. Seule la fermeture de la centrale de Fessenheim interviendra d’ici 2022.

Quel que soit le scénario de sortie, la part attendue des énergies renouvelables se situera entre 40% et 70% versus 19% actuellement, ce qui laisse à penser à une décroissance programmée et inéluctable du nucléaire, quel que soit le dilemme français actuel.

Plus que la faisabilité d’une telle (r)évolution énergétique, le sujet pose donc davantage la question des moyens et des priorités à se fixer pour y parvenir…

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