L’énergie : toujours un luxe qui coûte cher aux plus démunis

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Et si le projet de transition énergétique devait aussi inclure les plus démunis dans son dispositif pour être plus juste et plus global ?

La troisième édition du « Tableau de bord de la précarité énergétique » de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) vient de paraître. Elle fait état, sur la base de 2017, du coût moyen de la dépense énergétique liée au logement pour les ménages en situation de précarité : 1 925 euros par an, contre 1 584 euros pour la moyenne nationale.

Une précarité aux conséquences multiples

Les conséquences parlent d’elles-mêmes : impayés, nombreuses interventions sur place des fournisseurs d’énergie pour débloquer la situation, initiatives individuelles de restrictions (34% d’entre eux), voire stress et dépressions…

De cette étude ressort également, la perception par ces ménages que les dépenses consacrées à l’énergie prennent toujours une part importante.

La raison est simple : 2017 a connu une reprise à la hausse des tarifs de l’énergie qui est venue amputer le budget de fonctionnement de cette catégorie de la population.

Travaux de rénovation : il y a Urgence

Même si les dispositifs d’aide et d’accompagnement existent (programme « Habiter mieux », tarifs sociaux jusqu’en 2017 et chéquier énergie à compter de 2018) pour estomper ou étaler le poids de cette facture, il y a néanmoins urgence à engager des travaux de rénovation structurels dans les logements des ménages les moins favorisés.

A titre de comparaison, ceux gagnant moins de 19 000 euros par an représentent 27% de la population alors que les chantiers d’économies d’énergie liés aux bâtiments ne les concernent qu’à hauteur de 14% (phénomène des passoires énergétiques dans le résidentiel).

Au delà de l’énergie dédiée aux besoins domestiques, la facture énergétique est aussi constituée de la partie mobilité (carburants et lubrifiants) : en 2016, celle-ci représentait 40% du coût total, ce qui revient pour 2017 à un montant estimé d’environ 1 000 euros, en plus des 1 925 euros calculés.

L’un des défis de la transition énergétique sera donc de réduire la fracture sociale en même temps que la facture énergétique…

 

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