Et si l’hydrolien était définitivement dans une impasse ?

Et si l'hydrolien était définitivement dans une impasse ?

L’hydrolien, système composé de turbines qui tournent à partir de l’énergie des marées, semble traverser plus qu’une tempête passagère. Son avenir en France est tributaire de décisions gouvernementales, qui seront rendues officiellement à l’automne à l’occasion de la programmation pluriannuelle de l’énergie mais dont on connaît déjà la teneur…

 

Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette tendance pessimiste pour le développement de l’hydrolien

 

En dépit d’une technique maîtrisée, le point noir se situe sur les plans commercial et financier.

> La baisse des prix des énergies renouvelables telles que l’éolien et le solaire, dont le cycle de vie est plus avancé et le marché plus mature, pourrait compromettre le décollage de l’hydrolien en France. Actuellement, le prix du mégawattheure (MWh) avoisinerait les 250 €, ce qui est 1,6 fois plus cher que l’éolien offshore, 3,5 fois plus cher que pour l’éolien terrestre et 4 fois plus cher que le photovoltaïque.

> Du fait d’installations sous-marines sophistiquées et coûteuses, l’hydrolien semble a priori difficilement rentable à moyen ou long terme.

 

Les conséquences de cette position d’infériorité de l’hydrolien par rapport aux autres énergies vertes sont les suivantes

 

> Certains acteurs clés se retirent du marché faute de perspectives optimistes : c’est le cas de Naval energies qui ne maintient pas son positionnement sur ce créneau et dont la filiale Open Hydro vient de déposer le bilan, malgré une inauguration il y a quelques semaines de son usine dédiée à l’activité, située à Cherbourg.

> Des états se désengagent progressivement en réalisant d’autres arbitrages ou en réorientant leurs investissements vers des sources d’énergie moins chères (Royaume-Uni, Chili, Japon, Philippines).

 

Les sociétés actuellement spécialisées dans l’hydrolien devront, soit s’adosser à des groupes avec de solides moyens financiers, soit se reconvertir en réutilisant leur technologie liée à la connaissance du potentiel des fonds marins.

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