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Fonds vert pour le climat : à quoi sert-il exactement ?

À la suite du G7 de Biarritz qui s’est déroulé du 24 au 26 août 2019, trois pays ont annoncé qu’ils doubleraient leur participation au Fonds vert pour le climat. La France, tout d’abord, qui donnera dorénavant 1,548 milliard d’euros, suivie par l’Allemagne (1,5 milliard) et le Royaume-Uni (1,44 milliard). Des participations importantes mais, après tout, à quoi servent-elles vraiment ?

D’où vient le Fonds vert pour le climat ?

Lors de la COP15 à Copenhague en 2009, les États réunis décident de créer le Fonds vert pour le climat. Sur le principe, les pays les plus avancés (qui plus est, les plus pollueurs) effectuent des transferts de fonds aux pays les plus touchés par les conséquences du réchauffement climatique. S’ajoutent à cela plusieurs objectifs comme la réduction des gaz à effet de serre ou la lutte contre la déforestation. Mais le but le plus important de ce mécanisme financier, rattaché à la CCNUCC (Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques), est de débloquer une aide annuelle de 100 milliards de dollars à partir de 2020. Aujourd’hui basée à Incheon, en Corée du Sud, l’organisation est composée de 24 nations (12 pays développés et 12 en développement) élus pour un mandat renouvelable de trois ans. Deux présidents, issus eux aussi d’un pays développé et d’un pays en développement, sont désignés chaque année. Mais ce Fonds vert pour le climat, si bien huilé en apparence, comporte quelques imperfections que n’hésitent pas à pointer du doigt certaines ONG...

10 ans après sa création, où en sommes-nous ?

En 2016, la fondation Oxfam estimait à 56 milliards de dollars le montant de financements publics destinés à l’organisation. Mais derrière ce montant déjà élevé, qui représentent plus de la moitié de l’objectif fixé pour 2020, se cache un tout autre constat. La majorité de l’argent fourni arrive sous forme de prêt, un principe qui affecte la confiance entre les pays. Et l’autre problème majeur, révèle RFI, est qu’une part non négligeable provient de financements privés. Toujours sous forme de prêt, ces transferts d’argent financent surtout des projets d’énergies renouvelables basés en Afrique. Ces fonds privés n’ont qu’un seul objectif : celui d’investir un secteur prometteur sans réel problème de concurrence. Cette logique lucrative semble à mille lieux de la volonté de transformer les méthodes d’agriculture ou encore de reloger des populations situées dans diverses zones inondables.

Parfois décrié, mais loin d’être inutile

Cependant, ou plutôt heureusement, tout n’est pas à jeter ou à recommencer. D’après VivAfrik, le Fonds vert pour le climat avait soutenu trois projets en 2018, tous cofinancés par la Banque Africaine de Développement. Il a notamment permis de mobiliser 28,3 millions de dollars pour financer l’installation de trois centrales solaires photovoltaïques en République Démocratique du Congo. Cette somme servira également à développer les « mini-réseaux verts » du pays, capables de fournir une énergie propre à 150 000 personnes hors réseau. Grâce à cette initiative, plus de 500 000 tonnes de CO2 devraient être économisées sur les 20 prochaines années. Malgré ces nobles ambitions, Helena Wright du think tank E3G considère, dans un article de Libération daté du 14 décembre 2018, que « 100 milliards de dollars sont largement insuffisants pour permettre les transformations économiques et sociétales nécessaires pour s’adapter au changement climatique ».

À propos de l'auteur

Journaliste en formation, Etienne Cholez s'intéresse de près aux innovations créées pour trouver des solutions aux enjeux énergétiques et climatiques de demain. Il n'en oublie pas pour autant sa passion pour le sport. C'est en tant que rédacteur web qu'Etienne Cholez essayera d'apporter des réponses concrètes à toutes vos questions.

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