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G7 : quelle place pour l’écologie et la transition énergétique ?

À quelques heures de l’ouverture du G7 à Biarritz du 24 au 26 août, on sait déjà que les dirigeants du monde n’auront pas assez de trois jours pour éradiquer les inégalités, sujet central du sommet. On sait aussi que la question de la transition énergétique s’immiscera forcément dans les débats, tant elle est liée aux disparités économiques et sociales sur la planète. Les énergies renouvelables seront ainsi particulièrement mises en avant lors de cet événement que la France veut éco-responsable. Faut-il pour autant s’attendre à un véritable tournant en matière d’écologie ?

Les énergies renouvelables sur le devant de la scène

Le G7 n’a pas encore commencé que les polémiques enflent de toutes parts autour du sommet organisé dans la cité basque : nombre réduit d’ONG conviées (une dizaine), impressionnant dispositif de sécurité (13 200 forces de l’ordre)… Et en matière de transition énergétique, la ville-hôte a déjà essuyé un bad buzz sur Twitter suite à l’installation de bancs photovoltaïques en bord de mer. Dans un tweet un brin humoristique, l’adjoint à l’environnement Guillaume Barucq a en effet invité les curieux à venir s’y asseoir, « mais pas trop […] aux heures les plus ensoleillées ». Il n’en fallait guère plus pour déchaîner la twittosphère, qui a raillé l’incohérence supposée d’une telle acquisition…

Les organisateurs du sommet se seraient bien passés de cet incident qui décrédibilise (un peu) les énergies renouvelables. Car l’Élysée a tenu à faire de ce G7 à Biarritz un rendez-vous éco-responsable, certifié ISO20121. Et il entend le faire savoir. Avec l’aide de plusieurs partenaires et mécènes, l’État français a ainsi déployé plusieurs équipements à base d’énergies vertes, principalement destinées aux médias… Un champ solaire a ainsi été installé par Engie pour alimenter le centre de presse ainsi que les trambus électriques transportant les journalistes. Le groupe énergétique a également mis à disposition des médias 200 vélos hydrogène fabriqués par l’entreprise locale Pragma Industries. Il a aussi érigé un totem solaire permettant la recharge de leurs téléphones et l’accès au wifi. Un privilège dont bénéficieront également les 3 000 visiteurs attendus ce week-end via plusieurs micro-installations solaire off-grid, sans oublier 12 groupes électrogènes tournant à l’huile de colza. Mais sur le fond, quelle place sera véritablement accordée à la transition énergétique ?

Des négociations mais pas de mesures contraignantes

D’après l’Élysée, la lutte contre les inégalités liées à la dégradation de l’environnement fait partie des cinq priorités du G7. Et de citer deux objectifs : « faire de l’Accord de Paris une réalité » en limitant la hausse des températures mondiales de 2°C, voire 1,5°C ; et « mobiliser des financements publics et privés pour financer les actions de lutte ». Ces nobles intentions devraient donc être au cœur des négociations entre les dirigeants, après avoir été abordées lors du G7 de l’Environnement début mai à Metz. Il devrait également être question de finance durable, dont Bruno Le Maire s’est fait l’avocat mi-juillet lors du G7 des Finances à Chantilly. Le ministre français de l’Économie et des Finances s’était notamment engagé à plaider pour « rendre le capitalisme plus juste » en « répond[ant] au défi de la transition vers une économie durable et à bas carbone ».

Au-delà des jolies déclarations de ce genre, le rendez-vous basque devrait surtout donner lieu à des discussions tendues entre chefs d’État pour influencer leur propre politique énergétique et sociale. Et surtout celle de Donald Trump, climato-sceptique assumé. Mais comme les autres sommets internationaux, il y a fort à parier qu’aucune annonce fracassante ou mesure radicale ne sortira de cette réunion à visée essentiellement diplomatique. D’autant qu’Emmanuel Macron a décrété qu’il n’y aurait pas de « communiqués finaux », donc pas de mesures contraignantes engageant les États comme lors de l’Accord de Paris. Pas sûr que cette manière de « réformer le format » permette d’aboutir aux « solutions concrètes sur les grands défis » escomptées par le président français…

À propos de l'auteur

Camille Vandendriessche est rédacteur en chef et directeur de publication sur L’Energie en Questions. Journaliste indépendant dans la presse sportive, il écrit également depuis plus de trois ans sur la thématique de l’énergie. Diplômé d’écoles de journalisme en France et aux États-Unis, il décrypte l’actualité à travers des articles d’analyse et des sujets aux angles originaux.

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