Du 24 au 26 août 2019, Biarritz devient la capitale du monde. À l’occasion du G7, la ville basque reçoit sept chefs d’Etat faisant partie des plus influents de la planète. Cette réunion annuelle que le président français, Emmanuel Macron, souhaite axer sur les inégalités dans le monde, s’étend évidemment sur des sujets tels que les énergies renouvelables et la protection de l’environnement. Mais alors que ces sept dirigeants se réunissent actuellement, où en est chacun de leur pays dans la transition énergétique ?

Etats-Unis : le faux départ

Avec Barack Obama au pouvoir, des efforts avaient commencé à prendre racine. Notamment grâce à des crédits d’impôts ou des subventions favorisant les énergies renouvelables. Cependant, l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, climato-sceptique assumé, a chamboulé les perspectives américaines. Aujourd’hui, 81 % de la consommation énergétique des Etats-Unis provient des énergies fossiles, d’après l’agence américaine de l’énergie (US Energy Information Administration). Sans oublier que le pays utilise toujours du charbon et a relancé l’extraction, très controversée, du gaz de schiste.

Néanmoins, le système fédéral américain permet à certains états de se retrousser les manches et d’aller de l’avant. C’est notamment le cas de la Californie, état le plus peuplé du pays, qui s’engage à consommer de l’électricité issue à 100 % de sources renouvelables d’ici 2045.

Canada : une situation paradoxale

Dans les colonnes de nos confrères québécois du Devoir est pointé l’incroyable paradoxe entre la volonté du gouvernement canadien de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et l’impossibilité de se séparer de l’industrie pétrolière. Dans le Grand Nord canadien, tous les principaux acteurs semblent se regarder en chiens de faïence sur la question de la transition énergétique.


Malgré cela, d’après Ressources Naturelles Canada, les énergies renouvelables restent prédominantes dans la production d’électricité canadienne. Elles comptent en effet pour près de 75 % du mix électrique ! Avec ses immenses plaines, forêts et cours d’eau, le pays du premier ministre Justin Trudeau, grand comme 18 fois la France, possède un incroyable potentiel. La palme revient aux mouvements de l’eau, qui fournissent aujourd’hui presque 60 % de l’électricité du pays.

Japon : la marche du caméléon

Un pas en avant, puis un en arrière. Voilà, en résumé, comment se déroule la transition énergétique au Japon. Le traumatisme de Fukushima, encore dans toutes les têtes, explique la gronde de la population contre le gouvernement, qui souhaite relancer les centrales nucléaires. Shinzo Abe, le premier ministre japonais, ne s’en est jamais caché : pour lui, le nucléaire est d’une importance capitale.

Dans le même temps, les énergies renouvelables n’avancent pas aussi vite que la 5G. Pays au relief montagneux avec peu de place tant la population est étendue sur l’île, rien ne va dans le sens des centrales photovoltaïques. Mais le pays du soleil levant possède d’autres armes : la géothermie et l’éolien off-shore. Problème : ces deux secteurs sont fermés par d’autres activités indissociables de la culture japonaise :

– Les sources thermales (« onsen ») sont très importantes pour la population. Elles freinent l’utilisation de la géothermie, secteur pourtant très prometteur puisque le Japon dispose de la troisième capacité mondiale d’exploitation.

– La pêche bloque l’éolien off-shore. C’est la chercheuse Yasuko Kamayama qui en parle le mieux dans Sciences et Avenir : « L’énergie renouvelable qui a le plus de potentiel au Japon est l’éolien. Notamment l’éolien offshore, qui est la clé pour augmenter la part du renouvelable dans le mix énergétique. Mais son développement ne pourra se faire sans une mobilisation des politiques afin de répondre à l’opposition des pêcheurs locaux. »

Allemagne : le côté obscur de la force

Fréquemment comparés aux Français, nos voisins d’Outre-Rhin font souvent office de bons élèves dans de nombreux secteurs d’activité. Et la transition énergétique n’échappe pas à ce bilan. Engagée depuis le tout début du XXIème siècle, l’Allemagne est passée de 7 % d’énergies renouvelables à plus de 30 % dans sa production totale d’électricité. Le 1er janvier 2018, pendant une heure, la nation gouvernée par Angela Merkel avait même réussi à répondre à la demande d’électricité du pays en utilisant uniquement des énergies vertes. On pourrait donc penser que l’adage du footballeur britannique Gary Lineker, « À la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne », se vérifierait également dans la transition énergétique…

Cependant, et malgré sa décision de sortir du nucléaire d’ici 2022, le bilan allemand souffre d’une énorme tache noire : le charbon.  Pour palier la demande énergétique de ses citoyens, l’Allemagne exploite massivement cette source extrêmement polluante, qui pourvoyait encore à 38 % de la production électrique dans le pays en 2018. Cette pratique hisse l’Allemagne sur la première marche du classement des pays les plus pollueurs d’Europe, avec 22,5 % de la part de CO2 émis dans l’Union européenne (source : Eurostat).

Royaume-Uni : ensemble, c’est mieux

Le Royaume-Uni avance bien, c’est une certitude. Il est même doté du plus grand parc éolien off-shore au monde avec 87 éoliennes en mer d’Irlande, proches de l’île de Walney. D’après nos confrères de Libération, la capacité électrique provenant des énergies renouvelables avait dépassé celle des énergies fossiles fin 2018. Pour un pays qui s’est principalement développé grâce au charbon, le changement est plutôt impressionnant.

Malgré ces efforts notables et efficaces, le Brexit calme les ardeurs écologistes britanniques. Notamment durant les pics de consommation électrique, pendant lesquels le Royaume-Uni a besoin de ses voisins qui, à l’avenir, pourraient être bien moins coopératifs.

Italie : le panneau solaire « al dente »

En pleine crise économique et politique, les nouvelles positives sur nos voisins transalpins se font plutôt rares dans les médias. Pourtant, s’il y a bien un pays qui avance dans sa transition énergétique, c’est l’Italie. En 2014, le pays fermait sa centrale à charbon la plus polluante. Toutes les autres devront arrêter de fonctionner d’ici 2025.  Leader de l’énergie italien, Enel, ne cache pas sa grande ambition de devenir « leader de la transition énergétique » et atteindre les objectifs établis lors de la COP21 à Paris en 2015. Pour répondre à cette volonté, la Botte mise sur plusieurs filières vertes : l’hydraulique, qui comptait déjà pour 14 % du mix énergétique en 2017, et surtout le photovoltaïque (9 %), qui gagne près d’1 GW de capacités installées chaque année…

France : où va-t-on, mon capitaine ?

C’est bien connu : passé un certain âge, on ne se refait plus. Le mix énergétique français confirme plutôt bien ce constat. Actuellement, le nucléaire représente près 75 % de notre production électrique. Peu polluant, il permet à la France de faire partie des pays développés à l’empreinte carbone plutôt faible. Cependant, un problème subsiste : celui des déchets nucléaires. Initialement fixé à 2025, l’objectif de réduction à 50 % du nucléaire dans le mix électrique de l’Hexagone a été repoussé à 2035. Il ne coïncidait pas avec la volonté de réduire la quantité d’émissions de gaz à effet de serre du pays, qui a diminué de 15 % depuis 1990, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire. Ces dernières années, cet indicateur oscille entre hausse (+ 3,2 % en 2017) et baisse (- 4,2 % en 2018).  Les progrès des énergies renouvelables (+ 6,7 points entre 2006 et 2016) sont également lents. Malgré l’envie d’une croissance verte, le bilan est donc nuancé pour l’Hexagone.

À propos de l'auteur

Journaliste en formation, Etienne Cholez s'intéresse de près aux innovations créées pour trouver des solutions aux enjeux énergétiques et climatiques de demain. Il n'en oublie pas pour autant sa passion pour le sport. C'est en tant que rédacteur web qu'Etienne Cholez essayera d'apporter des réponses concrètes à toutes vos questions.

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