Limitation de vitesse à 80km/h : une mesure bénéfique pour l’environnement ?

Limitation de vitesse à 80km/h : une mesure bénéfique pour l'environnement ?

Depuis le 1er juillet 2018, les routes de campagne à double sens sans séparateur central (soit 40% du réseau) dont la vitesse était jusqu’alors limitée à 90 km/h voient leur seuil autorisé passer à 80 km/h, notamment dans un objectif premier de sécurité (avec une diminution de la mortalité escomptée de 300 à 400 cas par an).

Qu’en est-il de l’impact de cette mesure sur la consommation énergétique et les gaz à effet de serre ?

On peut légitimement se poser la question car le temps de trajet va quant à lui être rallongé : de 50 secondes sur un parcours de 8 mn, de 2 minutes sur 18 mn de parcours et de plus 3 mn pour un trajet de 31 mn. De plus, une perte de fluidité peut être aussi crainte par les professionnels de la route du fait d’un ralentissement global du trafic.

En fait, l’effet théorique est double : sur le portefeuille et sur la planète !

L’économie induite est estimée à 120 € en moyenne par an et par conducteur.
De plus, une baisse pouvant aller jusqu’à 30% de l’émission des polluants est attendue avec la mise en place de cette mesure. Concrètement, pour chaque kilomètre parcouru, 9 g de CO2 seront évités. Concernant le protoxyde d’azote (en partie responsable des maladies respiratoires), une diminution de 30 à 50 g est prévue pour la même distance effectuée. Si on étend l’impact au niveau national, 1 million de tonnes équivalents CO2 seront non générés, ce qui revient aux émissions de 100000 français ou de 600000 allers/retours Paris/New-York. Rapportée au secteur du transport, l’économie représenterait 1% de celui-ci.

Cette contrainte pourrait même devenir une opportunité pour les entreprises

Certaines sociétés ne subiront pas ce rallongement des temps de trajet sans réagir. Cela pourrait être l’occasion pour elles de pratiquer un report modal vers le rail pour rester compétitives. De plus, d’autres dispositifs encore naissants pourraient prendre de l’ampleur : covoiturage, télétravail…
Cette mesure isolée de réglementation de la vitesse pourrait s’avérer contagieuse si le gouvernement décidait de pénaliser davantage l’empreinte carbone de ses citoyens pour répondre à des enjeux planétaires. Le sujet est donc loin d’être clos…

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