Débats publics

Prélèvement à la source : quels effets sur la précarité énergétique ?

Le prélèvement à la source (P.A.S) est opérationnel depuis le 01/01/2019. Concrètement, les contribuables paient désormais leur impôt sur le revenu (IR), par un système de retenue directe sur le salaire. L’employeur, chargé de collecter l’IR, tient le rôle d’intermédiaire entre les salariés et le Trésor Public. De ce fait, le P.A.S aurait-il des effets sur la précarité énergétique, du fait d’un pouvoir d’achat tronqué facialement ?

Prélèvement à la source : théoriquement indolore…

Pour les personnes déjà mensualisées pour le paiement de leur IR, la mise en place du P.A.S devrait peu perturber la trésorerie du foyer. En revanche, pour celles qui le réglaient en décalé, l’impression de gagner moins qu’avant est réelle. Une plus grande rigueur dans la gestion du budget s’impose alors puisque la marge de manœuvre mensuelle est limitée. Pour les dépenses énergétiques domestiques, il est de bon ton de réétudier ses équipements et contrats pour connaître les optimisations possibles à la maison.

Des dispositifs atténuant les effets du prélèvement à la source ?

Tout d’abord, rappelons que seuls 43% des foyers français sont imposables. Par conséquent, pour les 57% restants, le mode de collecte de l’IR par le P.A.S sera totalement neutre.
Ensuite, la première aide financière est le chèque énergie, renouvelé en 2019 et attribué sous conditions. Enfin, le second levier est l’expérimentation dans 5 départements de l’avance sur le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE). En effet, le CITE est normalement remboursé a posteriori aux ménages éligibles ayant réalisé des travaux.
Pour les ménages modestes soumis au P.A.S, le réflexe consiste à restreindre le chauffage et à calculer leur budget au plus juste. Pour preuve, le ratio « taux d’effort énergétique annuel » publié par l’ONPE et qui mesure la part des foyers consacrant plus de 8% de leurs revenus à la facture énergétique. Ils représentent actuellement près de 12% des foyers.

Suite à sa mise en application, le P.A.S pourrait rendre encore plus visibles les situations de précarité énergétique existant parmi les “classes moyennes”.

À propos de l'auteur

Ségolène est rédactrice web sur L’Energie en Questions. Avec une expérience de plus de quinze ans dans le secteur informatique, Ségolène a occupé successivement les postes de chargée de suivi commercial, contrôleur de gestion, contrôleur interne et enfin business analyst au sein du département Marketing. Des métiers qui lui m’ont permis d’être à l’aise avec les chiffres, de faire preuve d’esprit de synthèse et de pédagogie. L’écriture a toujours été présente en fil rouge dans ses missions quotidiennes, pour vulgariser les concepts et transmettre les messages aux bonnes personnes, au bon moment.

Commentaires

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer