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Produits bios : une croissance exponentielle est-elle raisonnable ?

Que ce soit dans les rayons des supermarchés ou dans les magasins spécialisés des centres-villes, les produits biologiques ne connaissent pas la crise. En effet, la hausse de la consommation de produits alimentaires biologiques sans pesticides ni OGM est fulgurante (+17% entre 2016 et 2017). Le gouvernement français a d’ailleurs lancé le Plan Bio 2022 pour soutenir les initiatives visant à promouvoir le bio. Il devrait atteindre 15% des surfaces agricoles françaises cultivées et 20% des plats proposés en restauration collective publique. Mais cet essor des produits bios peut-il être universel et sans risques ?

Des produits bios pour une meilleure qualité de vie

De meilleure qualité car dépourvus de pesticides ou de produits chimiques nocifs, les produits biologiques prennent davantage soin de la santé des consommateurs. D’un point de vue économique, le bio constitue aussi une occasion pour les agriculteurs de trouver de nouveaux débouchés commerciaux plus rémunérateurs.

Trop de produits bios : vers un désastre écologique…

En termes de volumes, les rendements de l’agriculture biologique sont moindres que ceux des plantations traditionnelles (inférieurs de 8 à 25%). Aussi, à l’échelle de la planète, pour compenser la perte de productivité au m2, le besoin de surfaces supplémentaires serait irréaliste. Une extension du bio occasionnerait une déforestation qui viendrait générer du CO2 non absorbé par la matière végétale disparue. L’une des conséquences induites serait une hausse mécanique des gaz à effet de serre. De plus, quand les produits bios de contre saison font l’objet d’importations massives par avion, l’empreinte énergétique laissée se retrouve directement dans l’atmosphère.

Les produits bios ne pourront nourrir la terre entière

Sur le plan planétaire, pour des questions de rareté, les produits bios semblent encore réservés à des privilégiés, en mesure de payer un prix plus élevé. Quand certains pays en sont encore à traiter le sujet de la survie alimentaire ou le défi de l’eau potable, il est légitime de penser que les produits bios restent secondaires, voire luxueux. Ainsi, pour nourrir près de 10 milliards d’habitants en 2050, la question cruciale réside plutôt dans le fait de trouver comment lutter contre le gaspillage alimentaire et réduire les biocarburants alimentaires.

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