ActualitésCombien ça coûte ?Comprendre les enjeux

Quel est le coût réel d’un ticket de métro ?

Chaque année, les usagers des transports en commun subissent les hausses tarifaires du ticket de métro ou de l’abonnement. Même s’ils les considèrent comme impopulaires et peu justifiées, il y a des raisons à l’origine de ces augmentations tarifaires : modernisation des infrastructures, intensification des fréquences de certaines lignes, recrutement de personnel… Malgré l’impact certain sur le porte-monnaie, la plupart des voyageurs n’ont pas conscience que la valeur faciale du ticket de métro qu’ils achètent ne représente qu’une minorité des coûts totaux. Mais alors qui finance le reste ? A combien s’élèverait le prix théorique d’un trajet si celui-ci intégrait tous les coûts associés ?

Si le prix du ticket de métro englobait tout, il serait dissuasif !

Dans une grande ville comme Lyon, la part payée par l’usager sous forme de ticket de métro ou d’abonnement ne représente que 30 % des coûts de fonctionnement et d’investissement. Les autres acteurs qui prennent en charge la part restante sont : les entreprises (45 %), les collectivités (20 %) et des sources diverses (5 %). Cette répartition plutôt opaque pour le voyageur, ne lui permet pas d’apprécier le véritable engagement des collectivités et organismes publics en faveur d’une performance des transports en commun en ville. Grâce aux subventions diverses, le prix du ticket de métro moyen se situe autour de 1,6 euros au lieu de s’élever à plus de 5 euros (prix coûtant). D’où le programme pédagogique actuel qui vise à partager avec les usagers du réseau lyonnais les enjeux financiers des transports en commun pour 2019 et 2020.

La fraude : un autre impact sur le prix du ticket de métro

Si une partie des recettes n’est pas perçue à cause des trajets impayés, on peut imaginer que le manque à gagner financier est couvert par le reste des voyageurs en règle. A Marseille, la RTM a mandaté l’institut BVA pour mener une étude sur la fraude, dont les résultats sont édifiants : en 2016, 23,5 % de ses passagers voyageaient sans billet. Ces pratiques seraient en hausse de 0,5 point à 1 point par an. Le prix du ticket de métro ne s’oriente donc pas vers une baisse car les coûts fixes, eux, sont incompressibles. En effet, pour une agglomération comme Marseille, il faut compenser les 18 à 20 millions de pertes par an en les répercutant sur la manne de recettes la plus flexible : les usagers.

About Author

Ségolène est rédactrice web sur L’Energie en Questions. Avec une expérience de plus de quinze ans dans le secteur informatique, Ségolène a occupé successivement les postes de chargée de suivi commercial, contrôleur de gestion, contrôleur interne et enfin business analyst au sein du département Marketing. Des métiers qui lui m’ont permis d’être à l’aise avec les chiffres, de faire preuve d’esprit de synthèse et de pédagogie. L’écriture a toujours été présente en fil rouge dans ses missions quotidiennes, pour vulgariser les concepts et transmettre les messages aux bonnes personnes, au bon moment.

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