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Rentrée scolaire 2019 : à quoi serviront les éco-délégués ?

Mardi 27 août 2019, le ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer, avait rendez-vous avec les journalistes. Pour cette traditionnelle conférence de presse de pré-rentrée scolaire, plusieurs annonces ont fait parler et réagir le monde de l’éducation. Outre la scolarisation obligatoire dès trois ans et la très attendue réforme du baccalauréat, une autre mesure a suscité des avis divergents : la mise en place d’éco-délégués dans chaque classe, de la sixième jusqu’à la terminale. Mais à quoi serviront-ils ?

Les éco-délégués selon Jean-Michel Blanquer

Présentés comme des « ambassadeurs de l’environnement et du développement durable auprès de leurs camarades », les éco-délégués font office de réponse aux manifestations des jeunes pour le climat qui ont émergé en France en mars 2019. Plus largement, cette mesure obligatoire dans les 12 000 collèges et lycées de l’Hexagone s’inscrit dans la volonté du gouvernement de « faire de l’Education nationale le fer de lance des politiques environnementales ».

De manière plus pratique, ce « besoin anthropologique » de s’investir pour des causes « qui nous dépassent » prendra plusieurs formes, d’après le ministre. Les éco-délégués ou « délégués au développement durable » devront innover pour réaliser diverses actions concrètes. Elles viseront à emmener dans leur sillage leur classe ou leur établissement tout entier. Multiplier les petites actions pour en accomplir une grande, c’est le but ultime de cette initiative. Une manière de « favoriser une sensibilisation des élèves par leurs pairs ». Sur le long terme, l’objectif est de multiplier par deux le nombre de collèges et lycées possédant le label E3D (Établissement en démarche de développement durable). En 2007, 4 500 établissements détenaient ce label. D’ici 2020, l’objectif est d’atteindre les 10 000…

Réactions diverses à la mise en place d’éco-délégués

À chaque mesure, son lot d’oppositions et de soutiens. Certains comme Marianne Blanchard, membre du collectif Enseignant.e.s pour la planète, saluent un « début de réponse » à la crise climatique sur BFMTV. D’autres, en revanche, n’y voient qu’une vaste fumisterie. C’est notamment le cas de Mathieu Devlaminck, vice-président de l’UNL (Union nationale lycéenne), qui juge cette annonce un brin « hypocrite ». Selon lui, cette mesure n’est rien d’autre que de « l’écologie de façade. » Il considère que cette obligation d’éco-délégués ne résoudra rien, tant cette initiative n’est qu’individualisme. Seule une action de grande ampleur pourrait régler le problème, selon lui. Ce mouvement écologique est, comme Mathieu Devlaminck le rappelle, « déjà dans la rue depuis mars ». « Tous les jeunes sont des éco-délégués ! », plaide-t-il.

C’est pour cela qu’il appelle à se rendre à la manifestation mondiale pour le climat le 20 septembre prochain. « Ce ne sont pas les lycéens qui polluent le plus, mais bel et bien les grosses entreprises qui passent toujours entre les mailles du filet. » Il semblerait donc que Jean-Michel Blanquer n’ait pas totalement trouvé la réponse à la volonté du monde scolaire de se battre pour l’écologie. En attendant, les jeunes devraient être de retour dans la rue dès les prochaines semaines.

À propos de l'auteur

Journaliste en formation, Etienne Cholez s'intéresse de près aux innovations créées pour trouver des solutions aux enjeux énergétiques et climatiques de demain. Il n'en oublie pas pour autant sa passion pour le sport. C'est en tant que rédacteur web qu'Etienne Cholez essayera d'apporter des réponses concrètes à toutes vos questions.

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