Les transports en commun gratuits pourraient-il réduire les GES ?

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La généralisation du ticket gratuit dans tous les transports en commun (comme c’est déjà le cas dans 25 villes françaises) est une idée a priori plutôt séduisante pour désencombrer les centres-villes et lutter contre la pollution grâce à la réduction du nombre de voitures individuelles en circulation.

Toutefois, quand on sait que le prix de trajet facturé à l’usager représente 20 à 30% du coût réel du voyage, on peut imaginer que les autres contributeurs que sont les collectivités territoriales et les entreprises (via le « versement transport ») auront peut-être des difficultés à prendre instantanément le relais pour assurer une même qualité de service, voire une amélioration majeure des infrastructures du réseau.

La gratuité ne suffit pas

> En effet, si la gratuité s’instaure, à l’instar de villes moyennes telles que Niort, Compiègne, Aubagne, Vitré ou Dunkerque (en pilotage), sans un redéploiement complet des moyens : plus de rames ou véhicules, plus de fréquence (donc de chauffeurs), plus d’amplitude horaire… une désaffection des usagers du fait d’un réseau saturé et non repensé ne permettra pas le succès du dispositif.

Une gratuité seule sans refonte (coûteuse) n’améliorera donc pas le niveau d’émission des GES.

> Le deuxième point est que rien ne garantit que les usagers qui vont se tourner davantage vers les transports en commun gratuits soient des automobilistes habituels : il peut s’agir de piétons ou de cyclistes, tentés par l’expérience gratuite, sécurisée et rapide du bus ou du tramway ! En caricaturant cette tendance, l’impact sur le réchauffement climatique serait alors marginal.

Extension du réseau

> Pour avoir un impact sur la maîtrise du réchauffement climatique, le binôme transports communs gratuits et extension du réseau serait vertueux si les nouvelles solutions de mobilité s’éloignaient des énergies fossiles en évitant les bus et en privilégiant la construction de nouvelles lignes de métro, tramways ou bus électriques.

> Plus qu’une gratuité, un tarif solidaire permettrait d’ouvrir largement l’accès aux transports en commun aux plus démunis, en évitant la perte sèche actuelle qu’est la fraude et en luttant contre le vandalisme (on respecte généralement plus ce que l’on paie du fait de sa valeur monétaire).

Le nombre d’usagers serait alors en hausse et l’équilibre budgétaire permettrait de réaliser des investissements structurels favorables à la transition énergétique, au confort et à la satisfaction des voyageurs.

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