Combien ça coûte ?Débats publicsEnergies fossilesPétroleVie pratique

Vivre sans voiture : est-ce vraiment possible partout ?

D’après les chiffres de la COP23, 95 % de la pollution liée aux transports provient du trafic routier. Outre les camions, les voitures sont de plus en plus pointées du doigt. En atteste les « Journées sans voiture » qui se multiplient à travers la France. Dans le même temps, l’essor des vélos et trottinettes électriques (sans oublier les transports en commun) laisse parfois penser que l’extinction de la voiture est proche. Alors, entre recherche d’économies et conscience écologique, peut-on réellement vivre sans voiture ?

Des économies pécuniaires et écologiques non négligeables

Les nombreuses marches pour le climat à travers le monde ont encore démontré, le 20 septembre 2019, que la lutte contre le réchauffement climatique constitue le plus grand défi du XXIème siècle. Dans cette logique, tout est bon pour réduire son empreinte carbone. Comme vivre sans voiture. D’après le Réseau Action Climat, les transports représentent, en France, 31 % des émissions de gaz à effet de serre en 2018. Ils obtiennent ainsi la palme du secteur le plus pollueur. À cela s’ajoutent, évidemment, les coûts qu’engendre un véhicule. « Une voiture fonctionne à coûts fixes », résume Joseph D’halluin, secrétaire général de la Fédération des usagers de la bicyclette. Selon les études de l’Automobile Club Association (ACA) et de LeasePlan, les charges mensuelles avoisineraient 500 euros par mois en France (prix d’achat compris et lissé sur plusieurs années).

La voiture constitue donc l’une des principales dépenses des ménages français, au même titre que l’alimentation et le loyer. Achat, carburant, assurance, entretien, péage : tous les frais liés à l’automobile augmentent d’année en année, affirme le rapport 2018 de l’ACA. Qu’elle soit économique ou écologique, la logique voudrait que les Français laissent leur voiture de côté. Dans les grandes agglomérations, rien de plus facile. À condition d’accepter de changer ses habitudes de déplacement. Les transports en commun offrent une première gamme de solutions : métro, tramway ou bus, sans oublier les trains régionaux pour les trajets en périphérie. Pour les déplacement plus courts ou spécifiques, les voitures, vélos et trottinettes électriques en libre-service permettent également de se passer de l’automobile individuelle.

« Habitant en région parisienne, j’utilise mon vélo quotidiennement. Pour les trajets plus longs, j’utilise surtout le train », témoigne Joseph D’halluin. La FUB souhaite avant tout mettre en avant la création de voies dédiées aux vélos pour rouler en toute sécurité. Pas instaurer une dictature de la « Petite reine »… « Il y a pleins de raisons de garder sa voiture, comme l’affection qu’on lui octroie ou simplement l’adresse de son domicile », admet Joseph D’halluin. Car si vivre sans voiture présente des avantages pour la planète comme pour le porte-monnaie, cette solution est-elle aussi réaliste en ville qu’à la campagne ?

La volonté urbaine dépassée par la réalité rurale ?


Source : Ouest-France

En dehors du milieu urbain, la possibilité de déplacements à vélo est limitée, principalement réservée aux loisirs. « On ne va pas demander à quelqu’un qui travaille à 40 km de chez lui de prendre son vélo pour se déplacer », convient le responsable de la FUB. En milieu rural, plusieurs initiatives tentent pourtant de proposer des alternatives au « tout-voiture ». Et notamment le covoiturage, qui permet de couvrir grandes et petites distances. Depuis 2015, Covoit’Ici propose un service de covoiturage du quotidien dans cinq département français (Rhône, Puy-de-Dôme, Val-d’Oise, Var et Bouches-du-Rhône). Il est plutôt destiné aux trajets de proximité, près de la moitié des déplacements en voiture faisant moins de 3 km…

Le dispositif fonctionne à partir de bornes situées dans des stations dédiées. L’utilisateur piéton y entre sa destination, qui s’affiche sur des panneaux visibles par les automobilistes. Les conducteurs n’ont alors plus qu’à s’arrêter pour récupérer le passager. La participation financière, environ 1 euro par tranche de 10 km, dépend de la distance parcourue et revient intégralement au conducteur.

Milieu rural : plusieurs alternatives assez limitées

Autre alternative accessible en ville comme à la campagne : l’autopartage. Particulièrement adapté aux trajets ponctuels, ce concept prend plusieurs formes : voitures en libre-service, location de véhicules entre particuliers ou utilisation partagée entre plusieurs personnes. Le réseau Citiz, leader de la location de voitures en livre-service, s’est ainsi implanté dans plusieurs villes et villages à travers la France.

« Si on fait plus de 10 000 km par an, ce n’est plus rentable, reconnaît Ève Condé, chargée de communication pour le réseau Citiz. C’est réellement un outil qui complète les transports en commun. En revanche, de nombreuses entreprises peuvent se séparer de leurs flottes de véhicules grâce à l’autopartage. On gagne du terrain dans les villes surtout, mais aussi dans les villages. Pour des personnes qui se déplacent peu et qui ont besoin de faire leurs courses par exemple, Citiz leur est réellement bénéfique. » D’après Statista, une voiture de particulier roulait en moyenne 13 000 kilomètres par an en 2018. L’autopartage ne s’adresse donc pas à  tout le monde. Le lieu de vie reste bien la condition déterminante pour oser abandonner son véhicule.

À propos de l'auteur

Journaliste en formation, Etienne Cholez s'intéresse de près aux innovations créées pour trouver des solutions aux enjeux énergétiques et climatiques de demain. Il n'en oublie pas pour autant sa passion pour le sport. C'est en tant que rédacteur web qu'Etienne Cholez essayera d'apporter des réponses concrètes à toutes vos questions.

Commentaires

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.