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Voitures électriques : enfin le décollage ?

Du 19 au 22 mai, Lyon a accueilli le 32e Salon du véhicule électrique (EVS32), qui réunissait entreprises, communauté scientifique et grand public. Pendant quatre jours, les acteurs du secteur ont eu l’occasion d’y faire le point sur le marché de la mobilité durable. Et notamment sur les nouveaux moyens de transports électriques qui envahissent les villes : deux-roues, trottinettes, skateboard, gyropodes, hoverboards, etc. Sans oublier son produit phare, la voiture électrique, présentée depuis de nombreuses années comme l’avenir du véhicule personnel. Mais où en est réellement la France ? Faut-il s’attendre à une véritable explosion ?

L’électrique, vraiment moins cher ?

En novembre dernier, l’apparition du mouvement des Gilets jaunes a mis en lumière la problématique du coût du transport en France. En 2018, les Français y ont en moyenne consacré 141 euros par mois, selon une étude OpinionWay pour Sofinscope. La voiture restait le mode privilégié au quotidien pour 70 % de la population. Pour réaliser des économies, près d’un tiers des conducteurs (31 %) souhaiterait acheter un véhicule qui consomme moins. D’après un sondage IPSOS pour Avere-France et Mobivia, 35 % des Français seraient prêts à passer à un véhicule électrique. Le taux s’élève même à 46 % chez les 18-24 ans. Et pour cause : le plein serait trois fois moins cher que celui d’un véhicule thermique, révèle une récente étude de RTE (Réseau de transport de l’électricité).

D’après le gestionnaire de flotte de véhicules Fatec, le coût énergétique s’élèverait par exemple à 2,90 euros/100 km pour un véhicule électrique donné, contre 8,39 euros/100 km pour son équivalent diesel (à 6,25 litres/100 km et 1,39 euros du litre). D’après le groupe, le coût d’entretien sur trois ans serait également quatre fois inférieur entre une Zoé (électrique) et une Clio (thermique), comme entre un Kangoo électrique et thermique. Mais encore faut-il prendre en compte le prix d’achat, en moyenne 50 % supérieur pour l’électrique, et le coût d’installation de la borne de recharge, qui s’élève à 700 euros en moyenne, selon Fatec. Et éviter d’opter pour la location de la batterie, sans quoi l’essence et le diesel reprennent le dessus financièrement…

Un marché qui progresse mais reste minuscule en France

C’est bien connu : les atouts de l’électrique se situeraient également sur le plan écologique. D’après l’étude de RTE, les émissions de CO2 d’un véhicule électrique français seraient au minimum divisées par quatre par rapport à un véhicule thermique, cycle de vie et batterie compris. À en croire les différents scénarios envisagés par l’entreprise publique, les premiers permettraient d’éviter l’émission de 18 à 27 MtCO2 (millions de tonnes de CO2) par an d’ici 2035 au niveau mondial. Le bénéfice carbone de la mobilité électrique resterait important même avec des batteries « made in China », affirme le rapport de RTE. Mais leur production dans un pays comme la France permettrait de réduire les rejets de 2 à 3 MtCO2 par an pour un parc de 15,6 millions de véhicules électriques.

Malgré ces arguments favorables, le marché du véhicule électrique n’en est encore qu’à ses balbutiements en termes de ventes. En 2018, seules 45 500 voitures électriques (31 000) et hybrides rechargeables (14 500) se sont vendues en France, soit à peine plus de 2 % de parts de marché. On est donc encore très loin de la Norvège, où l’électrique compte pour plus de la moitié des nouvelles immatriculations. Mais les progrès sont rapides dans l’Hexagone, où les ventes d’occasions électriques ont bondi de 61 % en 2018. La tendance se poursuit en 2019 avec + 50 % de nouvelles immatriculations de véhicules électriques particuliers et + 27 % pour les véhicules hybrides rechargeables. Et la croissance devrait encore s’accélérer fortement avec l’arrêt annoncé des ventes de véhicules à essence, diesel et gaz naturel à l’horizon 2040…

À propos de l'auteur

Camille Vandendriessche est rédacteur en chef et directeur de publication sur L’Energie en Questions. Journaliste indépendant dans la presse sportive, il écrit également depuis plus de trois ans sur la thématique de l’énergie. Diplômé d’écoles de journalisme en France et aux États-Unis, il décrypte l’actualité à travers des articles d’analyse et des sujets aux angles originaux.

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